Hollande ou le matraquage fiscal des classes moyennes
Date : 10/02/2012
Le choix assumé d’augmenter les dépenses publiques masque curieusement son inévitable contrepartie : le matraquage fiscal des classes moyennes.

1. Le programme de François Hollande, c’est une facture envoyée aux classes moyennes
La première promesse de François Hollande consiste à vouloir revenir à l’équilibre des finances publiques en 2017, c'est-à-dire combler les 82 milliards d’euros de déficit prévus en 2012. L’objectif est louable, mais puisque François Hollande a annoncé qu’il ne diminuerait pas les dépenses, cela signifie que les impôts vont augmenter mécaniquement de 82 milliards. Combien pour les classes moyennes ? Telle est la question ! François Hollande a annoncé vouloir augmenter de 12 milliards d’euros les impôts sur les ménages. C’est déjà une somme considérable. Or, les mesures concernant les ménages les plus aisés ne rapporteront que 3 milliards d’euros. Qui paiera la différence, si ce n’est les classes moyennes ?
S’agissant de ses autres propositions, François Hollande omet soigneusement de préciser aux classes moyennes le montant de la facture qui leur sera adressée : quid du rapprochement de l’impôt sur le revenu et de la CSG ? Quelle conséquence sur la feuille d’impôt ? La fusion de l’IR et de la CSG a une conséquence simple : ceux qui ne payaient pas d’impôts vont en payer et ceux qui en payaient vont en payer plus ! De combien l’instauration d’un tarif progressif sur l’eau et l’électricité va-t-il diminuer leur pouvoir d’achat à la fin du mois ?
2. La suppression des niches fiscales, qui bénéficient largement aux classes moyennes, serait un coup de butoir sans précédent pour ces dernières
François Hollande répète inlassablement qu’il souhaite s’attaquer aux niches fiscales pour les particuliers. Ce serait un coup de boutoir sur les emplois et les familles de classes moyennes, qui en bénéficient largement. Qu’il assume donc la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui équivaut à une perte annuelle moyenne de 450 euros pour un salarié gagnant 1500 euros par mois. C’est près de 9 millions de familles qui seraient perdantes. Qu’il assume aussi de raboter la défiscalisation de l’emploi à domicile qui a créé 500 000 emplois, qui a permis d’améliorer le quotidien de nombreuses personnes âgées et de faciliter la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale pour de nombreux ménages. Qu’il assume encore de mettre à mal la défiscalisation des sommes versées au titre de la participation, de l’intéressement ou de l’épargne salariale qui bénéficie à 12 millions de salariés, du prêt à taux zéro, de la réduction d’impôt pour frais de scolarité dans l’enseignement supérieur.
3. Depuis 5 ans, les classes moyennes ont été au cœur de la préoccupation de ce gouvernement
Ne lui en déplaise, notre Gouvernement a plus agi en faveur des classes moyennes que tous ceux qui l’ont précédé depuis vingt ans, en témoignent les thèmes centraux de la revalorisation du travail, de l’accession à la propriété pour tous, de la relance de l’ascenseur social. Depuis 2007, une série de mesures actives est venue concrétiser ces engagements en faveur des classes moyennes : exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires, développement de la participation et de l’intéressement ; service minimum dans les transports et à l’école, aide à l’accès à la propriété, relèvement du plafond de ressources pour les prêts d’accession sociale, mise en place d’une aide à l’accompagnement pour les élèves en difficulté ; revalorisation des bourses étudiantes, réforme de la formation professionnelle ; priorité accordée à l’alternance.
La gauche se trompe de combat, car l’affaiblissement des classes moyennes revient à pénaliser la France toute entière. Miser sur les classes moyennes, c’est redonner un moteur à notre pays et emmener l’ensemble des Français dans une dynamique positive. Je n’ai aucun doute là-dessus : il n’y aura pas de sortie de crise sans sortie de crise pour les classes moyennes.














